Il y a un peu plus de six mois, je dévoilais au grand public l’arrivée d’un nouveau festival d’architecture expérimentale à Montréal. Son nom: Bellastock.

Déjà implanté dans près de dix pays, dont la France, l’Espagne, le Mexique et la Chine, l’événement réunit annuellement des professionnels et des étudiants du milieu de l’aménagement du territoire pour la création d’un village écologique éphémère. L’objectif consiste à réfléchir au cycle de vie de certains matériaux qui pourraient être mieux exploités dans leur contexte local, tels que le bois et le plastique.

Les participants ont à peine quelques jours pour dessiner, bâtir et tester leur projet.

Bellastock se présente également comme une plateforme de socialisation et de partage d’idées créatives, valorisant la culture de l’expérimentation en design et en architecture. Une culture qui, malheureusement, reste trop peu exploitée dans nos institutions universitaires ces dernières années.

Eh bien après plusieurs mois d’attente, la première édition montréalaise, baptisée Re-Shack, s’est finalement tenue la fin de semaine dernière dans un secteur industriel du Sud-Ouest.

Les participants étaient conviés à revaloriser des rebus de constructions en bois (portes, contreplaqués, moulures, etc.) pour se construire des habitations temporaires.

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© Marc-André Carignan
© Marc-André Carignan

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Cette première édition a été couronnée de succès par ses organisateurs, qui confirment déjà un retour de l’initiative dans le même secteur l’an prochain.

 

Voici ma couverture photographique de l’événement:

 

À lire également | Nouveau festival d’architecture à Montréal

Avec l’arrivée de l’été, de la saison touristique et du 375e anniversaire de Montréal, je ne peux m’empêcher de relancer le débat sur l’avenir de notre Vieux-Port.

Le site a beau être le lieu touristique le plus fréquenté en province (en moyenne 6 millions de visiteurs chaque année avec l’Igloofest, les feux d’artifice, etc.), il fait pitié.

Certes, la défunte Société du Vieux-Port a posé des gestes significatifs ces dernières années pour améliorer la dimension événementielle du site avec la plage urbaine, le Centre des sciences, la Scena… Mais on a oublié l’essentiel: la vitrine sur le fleuve Saint-Laurent.

Comment se fait-il que le boardwalk le plus significatif de Montréal ne soit qu’une large voie asphaltée, conçue pour les voitures, plutôt qu’une accueillante promenade piétonnière bordée de chaises longues pour admirer la beauté du paysage?

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03 - Vieux-Port de Montréal

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J’espérais sincèrement que le 375e anniversaire de Montréal en 2017 (et, par le fait même, le 150e anniversaire de la Confédération) puisse être l’élément déclencheur auprès d’Ottawa pour revitaliser ses installations du Vieux-Port, mais rien ne laisse présager une telle initiative. Du moins, pour le moment.

En appelant les autorités concernées, on me confirme que des discussions sont actuellement en cours pour l’anniversaire de la métropole, mais qu’aucune décision n’a encore été prise. On réfléchit notamment à la possibilité de convertir le vieux Hangar 16 en un centre d’événements et d’expositions internationales, mais sans plus. La vision d’ensemble semble donc avoir été écartée du processus… encore une fois.

Dommage lorsqu’on considère que le Vieux-Port a dépensé l’argent des contribuables ces dernières années pour l’élaboration d’un grand plan directeur  visant à mettre en valeur sa vitrine maritime.

Bien des gens l’ignorent, mais l’architecte paysagiste de renommée internationale, Claude Cormier, a en effet planché sur une vision d’ensemble qui unifierait les installations du Vieux-Port. Il l’a fait au même moment où il concevait la Plage de l’Horloge en souhaitant offrir à Montréal un boardwalk digne d’une grande métropole internationale.

Eh bien, le Vieux-Port m’a fait comprendre qu’il valait mieux ne pas retenir son souffle. Son travail risque fort bien d’être tabletté…

 

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Pendant ce temps, plusieurs grandes villes nord-américaines, telles que Chicago, Toronto et New York, investissent des sommes considérables pour revitaliser leurs vitrines maritimes au grand bonheur des résidants et des touristes.

Voici l’exemple du New Westminster Pier Park, en Colombie-Britannique, qui vient tout juste de se voir décerner un prix national de design urbain de l’Institut royal d’architecture du Canada:

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ibiketo.ca
ibiketo.ca

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Le débat entourant la cycliste qui est décédée plus tôt cette semaine sur la rue St-Denis me rend drôlement mal à l’aise.

Mal à l’aise qu’une pauvre orthophoniste de 33 ans ait dû mourir tragiquement, écrasée sous un poids lourd, pour que nos élus réalisent l’importance d’apporter rapidement des changements majeurs au Code de la sécurité routière. Une refonte s’impose depuis déjà trop longtemps pour y inclure les vélos… de plein droit!

Mal à l’aise qu’une ville comme Montréal, qui se targue depuis l’ère Tremblay d’être la capitale nord-américaine du vélo, n’ait pas déjà aménagé, dans le passé, des mesures temporaires pour sécuriser le passage des cyclistes sous les viaducs achalandés.

Mal à l’aise qu’un nombre incalculable d’intersections névralgiques soient aussi pauvrement aménagées pour y accueillir convenablement les cyclistes et les piétons. Si la peinture au sol n’y est pas effacée trois fois sur quatre, ce sont les saillies de trottoir qui manquent à l’appel pour permettre aux Montréalais de patienter en toute sécurité aux intersections.

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Intersection Berri Cherrier
Intersection Berri / Cherrier

Mal à l’aise que les policiers du SPVM sévissent à l’endroit des cyclistes qui n’ont pas de réflecteurs sur leur vélo, mais qui se contrefoutent que 90% des voitures ne s’arrêtent jamais aux passages piétonniers… pourtant bien identifiés au sol. Il serait grand temps que l’on développe cette culture du partage de la route, comme c’est le cas dans plusieurs autres provinces canadiennes. Si on créait simplement un fond de design urbain avec les contraventions des automobilistes délinquants envers les passages piétonniers, je suis convaincu qu’on pourrait facilement financer le réaménagement de plusieurs rues, et ce, en quelques mois seulement.

Mal à l’aise, qu’en 2014, on prenne si peu au sérieux les piétons et les cyclistes aux abords des chantiers de construction, qui se multiplient comme de la mauvaise herbe sur l’île. Pourquoi doit-on déambuler dans la rue, avec les voitures, lorsqu’un chantier empiète sur le domaine public au lieu d’avoir un passage alternatif sécuritaire? On le fait pourtant dans plusieurs grandes villes du monde. Pourquoi pas à Montréal?

Bref, à quand une série de mesures concrètes, déployées uniformément sur l’île, pour faire de notre métropole une ville à l’échelle humaine du 21e siècle?

Montréal a grandement besoin d’un plan d’action similaire à celui de New York, comme je le mentionnais en janvier dernier dans une de mes chroniques du Journal Métro.

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Source: New York City DOT
Source: New York City DOT

 

Calendrier collage Regards et Maisons 2013.

Qui dit fin d’année, dit rétrospective!

Je vous propose donc une dernière publication en cette année 2013, réunissant les articles les plus lus et commentés au cours des 12 derniers mois sur Dicietdailleurs.ca.

J’en profite également pour remercier chaleureusement tous ceux et celles qui m’ont encouragé à poursuivre mon travail sur ce blogue semaine après semaine. Vos commentaires et suggestions ont été grandement appréciés.

Merci également à Martin Houle de Kollectif qui a grandement contribué à la reconnaissance de Dicietdailleurs.ca à travers son large réseau.

Je vous souhaite donc de joyeuses Fêtes, et on se retrouve en 2014!

Marc-André B. Carignan

Janvier:

Peinturer une église : œuvre d’art ou sacrilège ?

 

Février :

ZZZZZZZZZZZ : Sleepbox

 

Mars :

Le logement abordable vu par Santa Monica

 

Avril :

Comment se porte le Plateau, monsieur le maire ?

 

Mai :

MBAM : un exemple à suivre

 

Juin :

Le Goose Village reprendra-t-il son envol ?

 

Juillet :

À quand un lifting pour le Vieux-Port ?

 

Août :

Un étudiant transforme un autobus en maison mobile

Septembre :

Un tour du monde via le Park(ing) Day

 

Octobre :

La ruelle verte selon Los Angeles

 

Novembre 2013 :

Une seconde vie pour nos voitures de métro?

Décembre :

Et si le métro pouvait chauffer votre maison ?

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Source: murmitoyen.com

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Oui, oui. Je sais.

J’ai déjà abordé à plusieurs reprises sur ce blogue, ou encore dans mes chroniques du Journal Métro, la question de la réappropriation des berges de Montréal.

Je l’ai souvent fait en dénonçant le manque de volonté de nos élus qui, campagne électorale après campagne électorale, nous promettent de créer de nouvelles vitrines maritimes alors que pratiquement rien n’a été fait en ce sens ces dernières années.

Mais cette fois-ci, j’ai enfin espoir que le dossier avance réellement. Pourquoi?

Tout abord, il faut se rappeler que l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles a récemment lancé un concours d’architecture de paysage pour aménager une plage dans l’Est de l’île de Montréal. Les participants avaient jusqu’au 17 octobre dernier pour soumettre leurs propositions à la Ville.

Ce serait totalement absurde (et surtout une dépense ridicule de plusieurs milliers de dollars) si cette initiative n’allait pas de l’avant au-delà du 3 novembre prochain. Il s’agit donc d’un premier pas concret dans la bonne direction.

Autre élément qui me donne espoir : la pression citoyenne. Je ne me rappelle pas d’une récente campagne électorale durant laquelle nous avons autant discuté de design urbain. De la reconstruction de la rue Jean-Talon jusqu’à la densification du centre-ville, nos candidats à la mairie ont réservé beaucoup de place à la question du design urbain dans leurs annonces des dernières semaines. Ceci tend donc à prouver la chose suivante: c’est de plus en plus payant politiquement d’aborder cette question. Sinon, on se serait tout simplement concentré sur d’autres sujets.

La pression citoyenne joue ainsi un rôle de premier plan, et nos politiciens ne peuvent plus se contenter de phrases creuses comme «  on va redonner les berges aux citoyens ». Avec le Web, les Montréalais sont exposés à la conception de quartiers durables en Suède, aux bains publics de Copenhague, ou encore, à des initiatives d’envergure comme le High Line de New York… ce qui élève en bout de ligne leurs standards de qualité pour la métropole. Et c’est tant mieux.

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Copenhagen Harbour Baths

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Sans oublier que les médias québécois abordent de plus en plus la question de l’architecture et du design urbain au quotidien. Pensons simplement au Devoir qui a lancé plus tôt cette année son blogue urbain ou aux récents reportages de Radio-Canada sur le sujet.

Suis-je trop naïf ? Ira-t-on enfin de l’avant avec des projets structurants autour de l’île de Montréal ? Disons simplement que j’ai envie cette fois-ci de croire aux promesses de nos quatre principaux candidats à la mairie, qui se sont tous engagés à mettre en valeur nos berges:

Denis Coderre : Bâtir nos fenêtres sur le fleuve

Richard Bergeron : Sept raisons de voter Projet Montréal

Marcel Côté : Les Montréalais auront accès au fleuve et à ses berges

Mélanie Joly : Verdir Montréal

Pendant ce temps, sur les berges de Chicago et de Stockholm…

Pour inspirer notre futur maire, voici deux exemples de projets qui ont récemment vu le jour à Chicago et à Stockholm.

Chicago River Boathouses:

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Hornsbergs Strandpark, Stockholm :

Montréal - Quartier des spectacles
Park(ing) Day – Montréal – Quartier des spectacles

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C’est le 20 septembre dernier que se tenait le Park(ing) Day, un mouvement mondial ludique ayant pour but d’engendrer une réflexion sur l’espace démesuré qu’occupe le stationnement dans nos villes contemporaines.

Célébré dans plus de 165 villes sur la planète, l’événement mobilise annuellement des artistes, des citoyens, des élus et des entreprises qui transforment pour l’occasion des cases de stationnement en lieux publics conviviaux.

Il s’agit d’une trop rare occasion que s’offrent les citoyens de grands centres urbains de se réapproprier leur propre ville pendant quelques heures.

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Grâce à Twitter, Instagram et Facebook, j’ai recensé quelques installations éphémères de partout sur la planète, créées spécialement pour l’édition 2013 du Park(ing) Day.

Voici tout d’abord celles de Montréal :

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Montreal - Sud Ouest - café citoyen
Park(ing) Day – Sud-Ouest – Café Citoyen
MTL - Épluche ta ville plutôt qu'une auto - Équiterre
Park(ing) Day – Quartier des spectacles – Équiterre « Épluche ta ville plutôt qu’une auto »
Montréal - Arrond Saint-Laurent + Saint-Laurent et l’Éco-quartier
Park(ing) Day – Arrondissement Saint-Laurent + Éco-quartier Saint-Laurent
INRS UCS - Montréal
Park(ing) Day – Étudiants du Centre Urbanisation Culture Société (INRS)
étudiants de l'UQAM - Montréal
Park(ing) Day – Étudiants de l’UQAM
Centre d'Écologie Urbaine nous propose des poules, au coin Parc et St-Urbain
Park(ing) Day – Le Centre d’Écologie Urbaine et ses poules, coin Parc et St-Urbain
Campillo_ParkingDay_01
Park(ing) Day – « Un crime parfait  » – Erika De la Barra et Francisco Campillo – Coin St-Laurent et des Pins
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Park(ing) Day – « Le pont Saint-Laurent (Le pont à souhaits) » – Jorge Garcia

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Installation à Rouyn dans le nord du Québec :

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Citoyens et OSBL - Rouyn

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Installation dans les rues de Québec :

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ABCP
Park(ing) Day – Québec – La trappe à souris géante – ABCP architecture

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Et finalement, voici un bref tour du monde via le Park(ing) Day:

 

Dallas
Park(ing) Day – Dallas
San Francisco2
Park(ing) Day – San Francisco
San Francisco
Park(ing) Day – San Francisco
Puerto Rico
Park(ing) Day – Puerto Rico
Washington
Park(ing) Day – Washington
Portland, Oregon
Park(ing) Day – Portland, Oregon
Poland2
Park(ing) Day – Pologne
Philadelphia - Golf
Park(ing) Day – Philadelphie
Paris - The Popcase
Park(ing) Day – Paris – The Popcase
Oslo Norvège
Park(ing) Day – Oslo
L'engloutie. - Dijon
Park(ing) Day – Dijon
Italie
Park(ing) Day – Italie
Hula hoops -Rosario, Argentina
Park(ing) Day – Rosario (Argentine)

.tricot

 

Combinant l’art du tricot, la récupération et le design urbain, Tricotons la rue est une superbe initiative communautaire qui prendra officiellement forme ce jeudi, 18h, dans le Sud-Ouest de Montréal.

Grâce à des séances de tricotage organisées en plein air, au marché Atwater et dans une douzaine d’organismes communautaires, 300 citoyens de tout âge ont pu participer à la création d’une cinquantaine d’oeuvres artistiques éphémères, qui recouvriront les bancs du parc Garneau.

Plus de 300 vieux draps ont été découpés et réutilisés pour la conception de ces œuvres collectives.

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Tricot2

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Voici donc une courte vidéo, réalisée par le documentariste Benoit Desjardins, portant sur le processus de création de Tricotons la rue

Moulins

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Misant de plus en plus sur la culture comme moteur de développement économique, les quartiers Sainte-Marie et Saint-Jacques lancent un appel de projets aux artistes de la rue Parthenais pour la 1ère édition des Moulins d’art.

Inspirées des moulins à prières tibétains, ces installations artistiques se composent de 6 rouleaux verticaux, sur lesquels sont imprimées des photographies ou des œuvres d’art. Le thème : l’effervescence créative de la rue Parthenais.

Au total, 3 séries de moulins verront le jour dans ce secteur du centre-ville en septembre prochain. Les propositions peuvent être soumises par un artiste seul ou par un collectif avant le 10 août 2013. À noter que tous les domaines artistiques sont admissibles.

Pour plus de détails, cliquez ici.

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L’éditorialiste du quotidien La Presse, François Cardinal, nous rappelait récemment dans son texte À l’eau qu’il est malheureusement toujours impossible de se baigner en eau libre au coeur de Montréal, et ce, malgré des milliards dépensés pour assainir le fleuve.

« À chaque élection, les candidats répètent à quel point il faut «redonner le fleuve» aux citoyens, mais une fois au pouvoir, ils se contentent de rappeler l’existence des plages du Cap-Saint-Jacques et du Bois de L’Île-Bizard. On est loin d’un accès central pour le plus grand nombre! »

Pourtant, tel qu’évoqué dans cet article, la problématique pourrait se régler rapidement (du moins partiellement) avec un concept comme les Copenhagen Harbour Baths. Une idée que je seconde également.

Connaissant un franc succès depuis 2002 dans la capitale danoise, ce concept de piscine publique à même le fleuve s’adapterait facilement à nos réalités montréalaises et offrirait un accès sécuritaire à l’eau dans le secteur du Vieux-Port. Une telle initiative serait relativement rapide à mettre en place et ne coûterait pas les yeux de la tête pour les contribuables.

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Voici donc quelques images des Copenhagen Harbour Baths:

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À lire également | À quand un lifting pour le Vieux-Port?

 

Quand aura-t-on droit à une revitalisation du boardwalk du Vieux-Port de Montréal pour l’élever à son plein potentiel?

C’est la question que je posais cette semaine dans ma chronique du Journal Métro, alors que Toronto et Chicago redéveloppent actuellement leur vitrine maritime (ou en anglais, leur waterfront).

Chaque fois que je suis de passage dans le Vieux-Port, je ne peux m’empêcher de critiquer son design urbain qui, à mon humble avis, manque cruellement de convivialité et de créativité pour une Ville UNESCO de design.

Rares sont les fois que je m’y suis baladé simplement pour la vue imprenable du site sur le fleuve. Je m’y rends malheureusement que pour sa programmation: Centre des Sciences, Cirque du Soleil, foires… Même chose pour les connaissances de mon entourage que j’ai questionnées à ce sujet. N’y a-t-il donc pas quelque chose qui cloche ici?

Je ne comprends toujours pas que le boardwalk qui longe le fleuve ne soit qu’une large voie asphaltée conçue pour les voitures, plutôt qu’une accueillante promenade piétonnière bordant un aménagement paysager décent.

Je ne m’explique toujours pas non plus pourquoi on laisse de côté de larges terrains gazonnés, pratiquement désertés à longueur d’année. Si seulement on leur donnait une véritable fonction, les visiteurs auraient peut-être enfin une bonne raison de les investir.

Considérant que l’accès aux berges restent plutôt limité sur l’ensemble de l’île, particulièrement au sud avec le Port de Montréal, le Technoparc et l’autoroute Bonaventure, peut-on réellement se permettre de ne pas rentabiliser un tel site à son plein potentiel?

Tout comme Toronto et Chicago, le Vieux-Port de Montréal ne pourrait que bénéficier d’un plan de revitalisation du site pour stimuler davantage l’achalandage du secteur. Avec une stratégie de redéveloppement économique bien ficelée, la dépense de fonds publics que représenterait ce lifting urbain se transformerait indéniablement en investissement à long terme pour la communauté montréalaise.

Voici quelques images de la revitalisation du Queens Quay de Toronto:

 

 

Également, voici quelques images de la revitalisation (et du prolongement) de la Riverwalk de Chicago:

Le chef de Projet Montréal et aspirant maire, Richard Bergeron, a dévoilé ce matin un ambitieux plan de redéveloppement immobilier dans le Sud-Ouest: le Quartier Bonaventure.

Situé en bordure du Bassin Peel, ce futur secteur résidentiel permettrait d’accueillir 7 000 ménages en ressuscitant le Goose Village (Village-aux-Oies), rasé de la trame montréalaise dans les années ’60 avec la construction de l’autoroute Bonaventure. Ironiquement, la proposition ci-présente suggère avant tout le démantèlement de cette autoroute (qui pourrait avoir complétement disparu du portrait à l’été 2016) pour reconstruire un quartier avec des boulevards urbains.

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Google Map

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Le but premier du projet: retenir les familles dans la métropole. Des familles qui ont tendance à migrer vers la banlieue ces dernières années ne dénichant pas sur l’île des propositions abordables et adaptées à leur mode de vie. Projet Montréal propose donc la construction de plex en rangée sur trois étages, similaires à ceux que l’on retrouve dans les quartiers populaires du Plateau Mont-Royal ou du Vieux-Rosemont. Ces plex constitueraient le cœur du futur quartier, ceinturé par des bâtiments de 8 étages et de 3 tours à condos près du Bassin Peel.

Important de mentionner que la politique d’inclusion de la Ville de Montréal serait réévaluée à la hausse, exigeant que 20% de logements sociaux et 20% de logements abordables soient bâtis sur le site.

Quant aux services de proximité, le concept prévoit l’aménagement d’espaces commerciaux au rez-de-chaussée des immeubles d’habitation longeant les grands boulevards urbains. Une école pourrait également y voir le jour.

La facture? 300M$ en fonds publics pour l’aménagement du site et l’apparition d’un tramway reliant ce quartier Bonaventure au cœur de la ville, ainsi que 2,5G$ en investissements privés pour la majeure partie du développement immobilier.

Projet Montréal estime que leur idée pourrait aider à renflouer les coffres municipaux d’environ 19M$ annuellement en revenus fonciers.

Les questions maintenant

– La plupart des terrains du défunt Goose Village appartiennent actuellement à la Société immobilière du Canada (SIC) qui, selon Projet Montréal, a démontré un « intérêt » face à la proposition. Par contre, aucune lettre d’appui de la SIC pour le moment. Rien de concret, donc. De plus, la personne rencontrée, Cameron Charlebois, ne travaille plus à la SIC. Les autres membres de la Société manifestent-ils autant d’intérêt pour le concept?

– La transformation de l’autoroute Bonaventure en boulevards urbains et l’apparition d’un tramway dans le secteur assureront-ils une circulation fluide, autant pour les automobilistes que pour les cyclistes et piétons? En d’autres mots, la disparition de Bonaventure pourra-t-elle être réellement absorbée avec ces nouvelles idées? Aucune simulation de circulation n’a été effectuée jusqu’à maintenant.

– Parlant de circulation, quel type de qualité de vie sera-t-on en mesure d’offrir aux résidants qui logeront dans les futurs édifices construits en bordure des boulevards urbains ? Considérant l’importante quantité de voitures qui transiteront par le quartier, il faudrait réfléchir davantage à la pollution sonore et la réduction de la qualité de l’air dans le secteur. Peut-être un boulevard urbain souterrain à l’ouest du site ?

Somme toute, une belle initiative qui mérite d’être réfléchie, mais surtout raffinée.

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