Crédits: Pierre Longtin
Crédits: Pierre Longtin

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Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a inauguré la semaine dernière une œuvre d’art éphémère du réputé architecte-paysagiste Claude Cormier.

Intitulée TOM II: Champ de pavots, la proposition artistique extérieure a été installée dans le Jardin de sculptures, un espace urbain regroupant 23 créations d’artistes locaux et internationaux au cœur du campus muséal. Inspiré par le tableau de Claude Monet intitulé Coquelicots, Claude Cormier a transformé le site en un « champ de fleurs » où les piétons pourront déambuler à leur guise.

5 060 TOM (Temporary Overlay Markers), un outil utilisé en génie routier pour séparer des voies de circulation automobile, ont été utilisés pour la conception de l’œuvre.

À contempler jusqu’en octobre prochain.

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S’il y a bien une institution montréalaise qui contribue concrètement à l’image de marque de notre métropole, c’est définitivement le Musée des Beaux Arts de Montréal (MBAM). La qualité de ses expositions et sa popularité grandissante depuis l’arrivée de la directrice Nathalie Bondil en sont des preuves directes. Mais la recette du succès de l’établissement ne réside pas que dans son contenu: elle s’explique également par son contenant.

L’annonce de la semaine dernière concernant la création de leur cinquième pavillon démontre d’ailleurs, une fois de plus, cette véritable intention de devenir un lieu culturel iconique de notre ville. Depuis plusieurs années, le MBAM ouvre non seulement une petite fenêtre sur notre identité culturelle via ses diverses expositions, mais va encore plus loin en faisant rayonner nos architectes québécois à travers les murs même de l’institution.

Prenons simplement l’exemple du pavillon Claire et Marc Bourgie ou encore des Studios Art & Éducation Michel de la Chenelière. Ce sont certainement deux des réalisations les plus marquantes à Montréal ces dernières années. L’architecture reste après tout une forme d’art urbain qui façonne le visage de notre ville, qui nous définit en tant que collectivité. Le MBAM l’a saisi. D’autres devraient peut-être s’en inspirer.

Pourquoi? Pour notre image à l’international. Pour notre économie locale. Pour notre industrie touristique. Pour notre fierté collective. Des projets bien réfléchis, audacieux  et dotés de budgets raisonnables peuvent aisément se rentabiliser à long terme en devenant de réels moteurs économiques pour la région.

Pensez-y quelques secondes. Quel est l’un des attraits touristiques incontournables de San Francisco? Le Golden Gate. De Sydney? L’Opera House. De Barcelone? La Sagrada Família. L’architecture novatrice se transforme non seulement en fierté nationale, mais également en véritable aimant à touristes en quête de nouveautés et d’émerveillement. Considérer la créativité comme un « power trip » d’architectes en manque de reconnaissance publique, ou encore comme une vulgaire fantaisie, serait une grave erreur. Il s’agit, au contraire, d’un cadeau collectif que s’offre une société.

Mes félicitations au MBAM et au consortium Manon Asselin Architecte et Jodoin Lamarre Pratte Architectes.

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Déjà implanté dans une dizaine de pays, le festival d’architecture Bellastock aura finalement sa première édition en sol nord-américain en 2014, et ce, dans la grande région de Montréal.

Réunissant des architectes et des urbanistes de partout sur la planète, Bellastock se présente comme une plate-forme de partage d’idées novatrices valorisant la culture de l’expérimentation en architecture. Ses travaux s’articulent majoritairement autour d’un festival annuel, au cours duquel est construite une ville éphémère.

L’édition montréalaise se concentra sur l’exploration architecturale des structures de glace et de neige, similaires à celles retrouvées annuellement au Villages des neiges de Montréal ou à l’Hôtel de Glace de Québec. Mais contrairement à ces événements commerciaux, Bellastock.Qc sera un outil pédagogique et de recherche pour les participants, où l’on pourrait explorer la valorisation de déchets, par exemple.

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Voici un résumé vidéo de l’édition espagnole organisée en juin dernier:

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Voici également quelques photos de diverses éditions à l’échelle internationale: 

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Le comité exécutif de coalition de la Ville de Montréal exigera du gouvernement fédéral un concours international d’architecture pour le design du nouveau pont Champlain.

« Il n’est pas trop tard pour lancer un tel concours en amont des travaux du futur pont Champlain. Le mot d’ordre : réaliser un ouvrage d’art d’exception qui soit à la hauteur des engagements du fédéral et la signature du Montréal du 21e siècle ! », a précisé hier Louise Harel à la sortie du conseil municipal.

Que peut gagner Montréal avec un tel concours? Mon entrevue avec André Bourassa, président de l’Ordre des architectes du Québec (réalisée dans le cadre de l’émission matinale de CIBL, Les Oranges Pressées):

Située à deux pas du métro Rosemont, la future bibliothèque Marc-Favreau sera aménagée sur le site des anciens ateliers municipaux de l’arrondissement. Cette dernière s’intégrera à un bâtiment déjà existant sur le site, auquel on amalgamera une construction entièrement neuve.

Troisième bibliothèque de Rosemont-La Petite-Patrie, cet espace culturel s’ajoutera à un vaste plan de revitalisation de ce secteur qui comprend notamment plusieurs nouveaux projets d’habitation.

Voici donc un avant-goût de ce que vous pourrez visiter à l’automne 2013:

Pour consulter le site web de la firme d’architecture chapeautant ce projet | www.hanganu.com

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Victime de son succès des dernières années, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) ne répondait plus à la demande des écoles et des familles qui souhaitaient venir entreprendre des activités pédagogiques. C’est pourquoi l’institution montréalaise s’est lancée dans un vaste chantier en septembre 2011 pour doubler ses espaces éducatifs.

L’attente en aura valu la chandelle. Après plus de 12 mois de travaux, 400,000$ d’investissement et la complicité de la firme d’architectes Provencher Roy + Associés, les jeunes esprits créatifs possèdent dorénavant de nouveaux terrains de jeu où ils peuvent s’exprimer en toute liberté.

Inaugurés la semaine dernière, ces Studios Art & Éducation Michel de la Chenelière ont de quoi émerveiller les visiteurs. Les architectes auraient facilement pu se contenter de simples couleurs vives et de motifs enfantins pour satisfaire la clientèle, mais ce n’est pas le cas ici. On a plutôt opté pour un design audacieux et convivial faisant appel à des artistes de renom pour habiller l’espace.

Dès son entrée, le MBAM nous plonge dans l’univers ludique d’un lounge familial décoré par de gigantesques dessins en noir et blanc. Campées entre le graffiti et la bande-dessinée, ces créations magistrales signées par 20 artistes du collectif En Masse se greffent sur l’ensemble des murs et des plafonds. Difficile de ne pas se laisser séduire par le talent de ce collectif. Ce lounge permet aux familles de se reposer et de prendre part à différentes activités pédagogiques organisées par l’établissement.

Dans la partie inférieure des studios, les jeunes Picasso en herbe ont l’opportunité de faire aller les pinceaux. Le MBAM s’est offert sept ateliers réservés aux écoles et aux camps de jour de la région. Le mobilier de chaque pièce est sensiblement le même, mais se présente en diverses couleurs vives d’un local à l’autre. Du mauve betterave au rouge pompier, chaises, tables et tabliers permettent aux enfants de créer des œuvres d’art en toute quiétude. Le musée s’attend à recevoir près de 100 000 écoliers uniquement au cours de la prochaine année.

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Autre réalisation notable à proximité des ateliers est l’une des plus récentes créations du designer Claude Cormier intitulée Les Peluches. Au total, 3000 toutous recyclés, provenant d’une exposition antérieure du musée, ont été agencés sur un tableau mural formant une mosaïque arc-en-ciel. De quoi faire ressortir son cœur d’enfant.

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Rare sont les projets architecturaux de qualité adressés à une jeune clientèle. Le MBAM a fait preuve d’audace avec ces nouveaux studios pédagogiques et c’est tout à son honneur. Le détour en vaut franchement la peine, même sans enfant, surtout pour les œuvres bédéesques du collectif En Masse.

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VISUEL | Pour plus de photos du projet, cliquez ici.

À LIRE ÉGALEMENT | Une école qui en fait voir de toutes les couleurs!

 

C’est un dimanche après-midi comme les autres. Je déambule nonchalamment le long du Canal de Lachine avec ma copine, gelato à la main, sous un soleil de plomb. Marcheurs, cyclistes et kayakistes s’activent dans diverses directions telle une danse impromptue.

Dans le secteur du marché Atwater, un seul petit pont piétonnier réunit les deux rives. Il s’agit d’une simple structure métallique décolorée, déposée sur des piliers de béton ornés de graffitis. Bref, un pont d’une banalité regrettable pour un secteur en plein redéveloppement. Malgré tout, enthousiasmé par la beauté du site, cela ne m’en prenait pas plus pour fantasmer sur une structure digne d’un Montréal reconnu comme Ville UNESCO de design.

Et si le Canal de Lachine offrait un peu de fantaisie, de poésie architecturale, à ses passants?

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Le fantasme australien

Conçu par l’artiste Robert Owen et la firme d’architectes Denton Corker Marshall, le Webb Bridge est un magnifique pont réservé aux piétons et cyclistes qui souhaitent chevaucher la Yarra River de Melbourne en Australie. Cette structure a été la pierre angulaire au tournant des années 2000 d’un large projet de revitalisation d’un ancien secteur réservé au transport maritime.

Souhaitant redonner vie à ce quartier abandonné, la société de gestion des rives, the Docklands Authority, a autorisé l’édification de complexes résidentiels sur ses terrains à une seule condition : 1% du budget de construction doit être investi dans l’art public pour embellir le secteur. Suite à une large consultation publique, c’est le Webb bridge qui a été retenu pour un budget de 1,5M$.

Fabriqué partiellement de matériaux récupérés sur les quais abandonnés, ce pont torsadé a été inspiré du célèbre jeu pour enfant du « Slinky ». D’une longueur de 225 mètres, la structure s’illumine dès la tombée de la nuit réfléchissant diverses couleurs dans la Yarra River.

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Le fantasme canadien

Calgary s’est offert tout un cadeau cette année : le Peace Bridge. Conçu par le réputé architecte et ingénieur espagnol Santiago Calatrava, ce nouveau pont piétonnier de 126 mètres de long connecte deux quartiers de la métropole jusqu’ici séparés par la Bow River. Ce projet architectural s’inscrit dans le plan de développement durable de Calgary et vise à stimuler les déplacements actifs plutôt que le transport automobile.

Malgré son élégance et sa grande utilité, le Peace bridge a suscité une large controverse au cours de la dernière année. Financé entièrement par des fonds publics, des citadins se sont farouchement opposés à ce projet de 24,5M$. Ces derniers auraient plutôt souhaité investir ce montant pour d’autres initiatives communautaires qui auraient pu, selon eux, profiter à une plus grande partie de la population. De son côté, la ville de Calgary perçoit ce projet comme un levier économique pour la région, espérant attirer des touristes friands d’architecture.

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Le fantasme géorgien

Rappelant les courbes d’un animal marin, ce sublime pont pédestre résulte d’une collaboration entre l’architecte italien Michel De Lucchi et le designer français Philippe Martinaud. Enjambant la Mtkvari river à Tbilisi, le concept de base de cette structure de verre et d’acier constituait à métaphoriser la vision gouvernementale du président géorgien Mikheil Saakashvili : une vision basée sur le modernisme, la transparence politique et la paix. Plus 30 000 lumières LED ont d’ailleurs été installées sur des panneaux verticaux transmettant différents messages de paix et d’allégresse tout au long de la journée.

Mais avant tout, le but ultime visé par les autorités municipales avec cette réalisation était de faire reconnaître la ville sur la scène architecturale internationale. Un pari réussi selon vous ?

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Crédits photo: Marc-André Carignan (Montréal), Denton Corker Marshall (Melbourne), Ian Harding (Calgary) et Ivane Goliadze (Géorgie)

« Je n’habiterais pas dans les condos que je dessine moi-même ». C’est ce que me confiait récemment un jeune architecte montréalais lorsque je lui ai demandé ce qu’il pensait des tours d’habitation qui poussent comme des petits champignons à Montréal.

Pourquoi est-il si exaspéré? « Je m’efforce à concevoir des projets immobiliers qui me semblent confortables et fonctionnels et on me dit d’éliminer pratiquement tous les espaces de rangement parce qu’on perd de l’espace! À quel endroit les futurs résidants rangeront-ils une valise ou une balayeuse? ».

Ce cas spécifique représente-t-il l’ensemble des développements immobiliers en cours dans la métropole? Non, mais on ne peut nier que de nombreux promoteurs ne pensent qu’à rentabiliser leurs projets, quitte à sacrifier la qualité de vie des futurs acheteurs. Pourtant, même avec toutes ces imperfections, les condos se vendront vraisemblablement comme de petits pains chauds. Pourquoi ? À cause de la spéculation immobilière. La plupart des développements en cours sont des tours d’habitation haut de gamme qui se vendent sur papier avant même que le projet soit érigé. Le profil de l’acheteur peut légèrement varier d’un projet à l’autre, mais le désir reste généralement le même : engranger des profits en investissant au centre-ville de Montréal. Et pourquoi pas ? Avoir moi-même les ressources financières, je me laisserais probablement prendre au jeu.

En observant l’état du marché immobilier à Toronto et à Vancouver, on saisit rapidement ce qui risque de se produire à court terme dans notre métropole. Avec la multiplication de ces tours à condos, de nombreux investisseurs locaux et étrangers se manifestent subitement et achètent des résidences sur papier. Une fois le projet habité, les unités prennent rapidement de la valeur et sont revendues aux plus offrants ou louées comme des appartements à des prix généralement très élevés. Un agent immobilier torontois me confiait récemment : « La plupart de mes clients n’ont jamais mis les pieds dans leurs unités. Ils collectent l’argent et c’est tout. Je m’occupe de leur trouver des résidants ». En d’autres mots, peu importe la qualité de l’espace intérieur ou de l’architecture du bâtiment, les projets trouvent preneurs.

Montréal pourra difficilement éviter cette situation, mais devrait certainement veiller à ce que l’ensemble de la collectivité puisse en profiter. Par exemple, pourrait-on exiger plus de logements pour les familles dans les quartiers centraux pour favoriser une mixité sociale? Et en ce qui concerne l’architecture de ces nouveaux bâtiments, l’administration municipale devrait-elle être plus exigeante? Tout dépend évidemment des buts recherchés. Si l’on souhaite simplement rentabiliser des vides urbains en générant des taxes foncières, le design devient secondaire. Si l’on désire par contre améliorer le paysage urbain pour notre fierté collective et pour engendrer davantage de tourisme architectural, la créativité devrait primer.

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Pour poursuivre la réflexion, voici un récent reportage de Radio-Canada sur le sujet: 

La course à la grue à Montréal

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À VOIR ÉGALEMENT | Voici un exemple ahurissant d’une tour d’habitation mexicaine conçue par la firme KD architects. Son design novateur garantit la présence de lumière naturelle tout au long de la journée pour l’ensemble des unités et assure un panorama incroyable pour les résidants. Sans oublier que chaque propriétaire obtient son propre jardin en hauteur… http://bit.ly/yzo5gZ

L’industrialisation nord-américaine du 19e siècle a carrément fait basculer certaines villes à dominance agricole et artisanale vers des sociétés fortement concentrées sur des économies capitalistes à tangente commerciale et industrielle.

Ces transformations urbaines ont été accompagnées  d’un boom immobilier sans précédent afin d’accueillir des milliers de travailleurs dans les usines qui se construisaient les unes après les autres.

Un siècle et demi plus tard, les réalités économiques sur l’ensemble de la planète ont bien évolué. Avec la mondialisation, le déplacement de la main d’œuvre et la désuétude de certaines industries, plusieurs quartiers industriels nord-américains et européens ne fourmillent plus et sont parfois devenus carrément fantômes. Un dilemme urbain s’impose donc : doit-on les raser pour faire place à de nouvelles constructions ou doit-on conserver ce patrimoine architectural en revitalisant le secteur?

Montréal ne fait pas exception à la règle

Dès 1850, Montréal se présentait comme le berceau de la révolution industrielle au Canada avec une population de près de 100 000 habitants. Le Centre-Sud en était le cœur industriel, spécialement grâce à sa proximité du port de Montréal qui était une plaque tournante pour le transport de marchandises en Amérique du Nord. D’autres quartiers se sont également largement popularisés, comme Griffintown, qui profita notamment du développement de l’industrie de la bière avec les brasseries « Dow » et « Williams ».

Mais après des décennies de succès économiques, l’activité industrielle du secteur ralentit rapidement vers 1964, alors que le développement de la banlieue est en pleine effervescence et qu’un réseau routier de plus en plus imposant fait son apparition sur l’ensemble de l’île de Montréal. L’émergence de l’autoroute Bonaventure, ceinturant Griffintown, est ainsi venu porter le coup de grâce au quartier. Résultat : la ville s’est retrouvée avec un secteur en pleine dégénérescence.

Cependant, en franchissant le cap des années 2000, une multitude de propositions de revitalisation voient le jour dans le Sud-Ouest, provenant surtout de promoteurs immobiliers qui ont imposé leur vision de redéveloppement à l’administration municipale. Cette vision passe surtout par la construction de nouvelles unités résidentielles et par l’embourgeoisement de Griffintown, ce qui a suscité de vives réactions chez certains organismes liés à la vie communautaire du quartier. Sans oublier que le plan d’urbanisme proposé par la Ville de Montréal a su attirer les foudres de plusieurs architectes et historiens montréalais qui souhaiteraient un quartier plus convivial, plus vert et en harmonie avec le patrimoine architectural du secteur constamment menacé de disparation.

La New City Gas

Un des exemples les plus marquants de sauvegarde du patrimoine à Griffintown est celui de la New City Gas, une ancienne usine à gaz datant du 19e siècle, récemment convertie  en un lieu de conférences et manifestations culturelles. À l’époque, l’usine carburait au charbon qui, une fois chauffé et distillé, permettait de produire un gaz utilisé pour l’éclairage public.

« Le complexe de la New City Gas Company of Montreal a été bâti en plusieurs phases par une diversité d’ingénieurs, d’entrepreneurs et d’architectes. […]C’est un des témoins majeurs de cette révolution et, du fait de la généalogie complexe des compagnies de gaz devenues compagnies d’électricité, le lieu ancestral d’Hydro Québec.1»

Mais malgré sa valeur historique dans le paysage montréalais, la New City Gas est constamment menacée par le pic des démolisseurs, notamment pour le projet de conversion de l’autoroute Bonaventure en boulevard urbain. Pourtant, en allant simplement se balader dans cette nouvelle mouture de l’ex-usine, une audacieuse fusion d’architecture industrielle accompagnée d’une brillante touche contemporaine, on saisit rapidement l’absurdité de détruire un tel édifice.

Notre passé doit nous hanter

N’oublions pas que l’architecture est un témoin privilégié de notre passé et que la sauvegarde de notre patrimoine bâti possède une valeur sociétale beaucoup plus considérable que les impôts fonciers générés par l’apparition de nouvelles tours à condos sans saveur. Notre culture architecturale doit évoluer, notamment dans l’esprit de nos politiciens et promoteurs immobiliers pour éviter d’autres pertes regrettables. Plusieurs villes comme Toronto, Vancouver ou encore Pékin ont récemment saisi des opportunités en or  de redévelopper ces ex-quartiers industriels en les convertissant en de nouveaux lieux touristiques très prisés. Pourquoi pas à Montréal?

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1 Références : www.heritagemontreal.org/fr/new-city-gas

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Depuis quelques années, l’offre résidentielle est de plus en plus limitée [et dispendieuse!] dans certains quartiers centraux de l’île de Montréal. Pour de jeunes familles à la recherche d’une première propriété ou encore pour des personnes âgées ayant un budget restreint, la seule option à considérer parfois est de s’éloigner du cœur de la ville ou de carrément s’installer en banlieue.

Cette problématique est observable dans diverses métropoles du monde où l’on retrouve une forte densité de population, notamment sur le continent asiatique. C’est pourquoi de nombreux propriétaires souhaitent rentabiliser davantage leur domicile en construisant de petits logements, des microlotissements, dans leur cour arrière. Cette initiative permet non seulement d’engranger des revenus mensuels pour amortir leur hypothèque, mais permet également de rentabiliser chaque parcelle de leur terrain parfois inutilisée.

AUDIO | Réécoutez mon entrevue avec Olivier Lajeunesse-Travers, jeune entrepreneur souhaitant étendre l’idée de microlotissement à Montréal grâce à son entreprise en démarrage Microclimat Design et Constructionhttp://bit.ly/M6C3zx

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Depuis l’ouverture du centre culturel Dar Al Maghrib, Montréal peut maintenant se vanter de posséder son « Petit Maroc ».  

Ce nouvel espace interculturel, situé à l’intersection des rues Berri et Viger, ouvre une véritable fenêtre sur la culture marocaine tout en favorisant un dialogue avec l’ensemble de la communauté québécoise. Conçu par la firme ACDF, le bâtiment présente une audacieuse fusion entre les plus pures traditions marocaines des riads et le modernisme architectural québécois.

Ce centre culturel est doté de salles multifonctionnelles, d’un centre de documentation, d’un espace d’exposition, de salles de classe et d’un salon typiquement marocain pour accueillir diverses formes de réunions.

À noter que selon les dernières statistiques de l’Ambassade du Royaume du Maroc au Canada, près de 100 000 Marocains résident actuellement au pays, dont 80 % au Québec.

Quelques faits notables sur la conception du bâtiment:

Les mosaïques de céramique:

Présentes sur tous les niveaux du centre culturel, les mosaïques de céramique ont été fabriquées directement à Casablanca par des artisans locaux, puis assemblées à Montréal par ces derniers. Les architectes du projet tenaient à assurer l’authenticité du décor afin de ne pas exhiber un mince pastiche de l’art marocain.

La présence de moucharabieh:

Fréquemment utilisé dans l’architecture des pays arabes, le concept du moucharabieh servait traditionnellement à la ventilation passive d’un bâtiment tout en filtrant l’entrée de lumière naturelle. Dans ce cas-ci, le grillage métallique perforé camouffle un bureau de l’institution et quelques éléments mécaniques.

Le salon typiquement marocain:

La splendeur et l’authenticité des détails de construction du salon marocain tranchent radicalement avec le design plus épuré du reste du bâtiment. Le chargé de projet, Louis-Philippe Frappier, s‘est rendu directement au Maroc pour dénicher l’inspiration nécessaire lors de la conception de l’édifice.

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