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« Vraiment l’un des plus laids morceaux d’architecture que j’ai eu le privilège de décorer ». Voilà comment l’artiste new yorkais Steve Power décrit la structure de béton qui a récemment servi de toile de fond pour l’une de ses créations.

Situé à l’intersection des rues Livingston et Hoyt à Brooklyn, ce projet artistique a été réalisé avec les autorités municipales pour embellir un stationnement étagé, dont la structure s’était considérablement dégradée avec le temps.

L’initiative s’inscrit également dans une série de mesures pour démocratiser l’art dans les rues de la métropole.

Une idée inspirante pour combattre notre bétonophobie collective, qui rappelle notamment les actions entreprises ces dernières années par le Plateau Mont-Royal pour mettre un peu de couleur sous quelques viaducs.

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À lire également | Pour contrer la bétonophobie

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L’éditorialiste du quotidien La Presse, François Cardinal, nous rappelait récemment dans son texte À l’eau qu’il est malheureusement toujours impossible de se baigner en eau libre au coeur de Montréal, et ce, malgré des milliards dépensés pour assainir le fleuve.

« À chaque élection, les candidats répètent à quel point il faut «redonner le fleuve» aux citoyens, mais une fois au pouvoir, ils se contentent de rappeler l’existence des plages du Cap-Saint-Jacques et du Bois de L’Île-Bizard. On est loin d’un accès central pour le plus grand nombre! »

Pourtant, tel qu’évoqué dans cet article, la problématique pourrait se régler rapidement (du moins partiellement) avec un concept comme les Copenhagen Harbour Baths. Une idée que je seconde également.

Connaissant un franc succès depuis 2002 dans la capitale danoise, ce concept de piscine publique à même le fleuve s’adapterait facilement à nos réalités montréalaises et offrirait un accès sécuritaire à l’eau dans le secteur du Vieux-Port. Une telle initiative serait relativement rapide à mettre en place et ne coûterait pas les yeux de la tête pour les contribuables.

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Voici donc quelques images des Copenhagen Harbour Baths:

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À lire également | À quand un lifting pour le Vieux-Port?

 

Quand aura-t-on droit à une revitalisation du boardwalk du Vieux-Port de Montréal pour l’élever à son plein potentiel?

C’est la question que je posais cette semaine dans ma chronique du Journal Métro, alors que Toronto et Chicago redéveloppent actuellement leur vitrine maritime (ou en anglais, leur waterfront).

Chaque fois que je suis de passage dans le Vieux-Port, je ne peux m’empêcher de critiquer son design urbain qui, à mon humble avis, manque cruellement de convivialité et de créativité pour une Ville UNESCO de design.

Rares sont les fois que je m’y suis baladé simplement pour la vue imprenable du site sur le fleuve. Je m’y rends malheureusement que pour sa programmation: Centre des Sciences, Cirque du Soleil, foires… Même chose pour les connaissances de mon entourage que j’ai questionnées à ce sujet. N’y a-t-il donc pas quelque chose qui cloche ici?

Je ne comprends toujours pas que le boardwalk qui longe le fleuve ne soit qu’une large voie asphaltée conçue pour les voitures, plutôt qu’une accueillante promenade piétonnière bordant un aménagement paysager décent.

Je ne m’explique toujours pas non plus pourquoi on laisse de côté de larges terrains gazonnés, pratiquement désertés à longueur d’année. Si seulement on leur donnait une véritable fonction, les visiteurs auraient peut-être enfin une bonne raison de les investir.

Considérant que l’accès aux berges restent plutôt limité sur l’ensemble de l’île, particulièrement au sud avec le Port de Montréal, le Technoparc et l’autoroute Bonaventure, peut-on réellement se permettre de ne pas rentabiliser un tel site à son plein potentiel?

Tout comme Toronto et Chicago, le Vieux-Port de Montréal ne pourrait que bénéficier d’un plan de revitalisation du site pour stimuler davantage l’achalandage du secteur. Avec une stratégie de redéveloppement économique bien ficelée, la dépense de fonds publics que représenterait ce lifting urbain se transformerait indéniablement en investissement à long terme pour la communauté montréalaise.

Voici quelques images de la revitalisation du Queens Quay de Toronto:

 

 

Également, voici quelques images de la revitalisation (et du prolongement) de la Riverwalk de Chicago:

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Inspirée par le concept français de Paris Plages, la ville de Détroit a récemment transformé une portion de son Campus Martius Park au centre-ville en plage urbaine.

150 tonnes de sable ont été utilisées pour créer ce petit oasis urbain, qui comprend des chaises pliantes, des parasols, des sculptures de sable et de la musique.

L’initiative s’inscrit dans les efforts de la ville de Détroit pour stimuler les activités économiques au centre-ville, en tentant d’accroître l’achalandage dans le secteur.

La plage restera ouverte jusqu’à la fin septembre.

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À lire également | Les deux pieds dans le sable… au Vieux-Port de Montréal!

Le chef de Projet Montréal et aspirant maire, Richard Bergeron, a dévoilé ce matin un ambitieux plan de redéveloppement immobilier dans le Sud-Ouest: le Quartier Bonaventure.

Situé en bordure du Bassin Peel, ce futur secteur résidentiel permettrait d’accueillir 7 000 ménages en ressuscitant le Goose Village (Village-aux-Oies), rasé de la trame montréalaise dans les années ’60 avec la construction de l’autoroute Bonaventure. Ironiquement, la proposition ci-présente suggère avant tout le démantèlement de cette autoroute (qui pourrait avoir complétement disparu du portrait à l’été 2016) pour reconstruire un quartier avec des boulevards urbains.

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Le but premier du projet: retenir les familles dans la métropole. Des familles qui ont tendance à migrer vers la banlieue ces dernières années ne dénichant pas sur l’île des propositions abordables et adaptées à leur mode de vie. Projet Montréal propose donc la construction de plex en rangée sur trois étages, similaires à ceux que l’on retrouve dans les quartiers populaires du Plateau Mont-Royal ou du Vieux-Rosemont. Ces plex constitueraient le cœur du futur quartier, ceinturé par des bâtiments de 8 étages et de 3 tours à condos près du Bassin Peel.

Important de mentionner que la politique d’inclusion de la Ville de Montréal serait réévaluée à la hausse, exigeant que 20% de logements sociaux et 20% de logements abordables soient bâtis sur le site.

Quant aux services de proximité, le concept prévoit l’aménagement d’espaces commerciaux au rez-de-chaussée des immeubles d’habitation longeant les grands boulevards urbains. Une école pourrait également y voir le jour.

La facture? 300M$ en fonds publics pour l’aménagement du site et l’apparition d’un tramway reliant ce quartier Bonaventure au cœur de la ville, ainsi que 2,5G$ en investissements privés pour la majeure partie du développement immobilier.

Projet Montréal estime que leur idée pourrait aider à renflouer les coffres municipaux d’environ 19M$ annuellement en revenus fonciers.

Les questions maintenant

– La plupart des terrains du défunt Goose Village appartiennent actuellement à la Société immobilière du Canada (SIC) qui, selon Projet Montréal, a démontré un « intérêt » face à la proposition. Par contre, aucune lettre d’appui de la SIC pour le moment. Rien de concret, donc. De plus, la personne rencontrée, Cameron Charlebois, ne travaille plus à la SIC. Les autres membres de la Société manifestent-ils autant d’intérêt pour le concept?

– La transformation de l’autoroute Bonaventure en boulevards urbains et l’apparition d’un tramway dans le secteur assureront-ils une circulation fluide, autant pour les automobilistes que pour les cyclistes et piétons? En d’autres mots, la disparition de Bonaventure pourra-t-elle être réellement absorbée avec ces nouvelles idées? Aucune simulation de circulation n’a été effectuée jusqu’à maintenant.

– Parlant de circulation, quel type de qualité de vie sera-t-on en mesure d’offrir aux résidants qui logeront dans les futurs édifices construits en bordure des boulevards urbains ? Considérant l’importante quantité de voitures qui transiteront par le quartier, il faudrait réfléchir davantage à la pollution sonore et la réduction de la qualité de l’air dans le secteur. Peut-être un boulevard urbain souterrain à l’ouest du site ?

Somme toute, une belle initiative qui mérite d’être réfléchie, mais surtout raffinée.

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C’est vendredi dernier que se tenait le Sommet sur l’avenir du mont Royal à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal. L’événement a réuni près de 150 participants, particulièrement concernés par l’avenir de la montagne, afin d’établir de grandes lignes directrices à suivre ces prochaines années pour la protection et la mise en valeur de ce milieu naturel.

L’une des thématiques abordées concernait l’avenir des grands ensembles institutionnels situés sur la montagne (ou à proximité), notamment l’Hôtel-Dieu, l’hôpital Royal Victoria et celui des Schriners. Leur déménagement respectif laissera en plan 240 000 m2 de plancher, soit l’équivalent de 40 terrains de football.

Quel avenir réserve-t-on à ces bâtiments ? Des condos de luxe ? Des pavillons universitaires?

Pour plus de détails, voici un reportage de Radio-Canada sur le sujet | Les Amis de la montagne craignent le retour du « privé » 

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À lire également | Le mont Royal se vide. On fait quoi?

 

 

 

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J’essaie sincèrement de me tenir loin de la publicité gratuite sur ce blogue, mais parfois, on doit souligner les bons coups de certaines entreprises. J’avais fait exception il y a quelques mois pour la campagne « Free No WiFi Zone » de Kit Kat et je le refais aujourd’hui pour la récente initiative marketing de l’entreprise IBM.

En partenariat avec l’agence Ogilvy & Mather France, IBM a décidé de faire évoluer ses panneaux publicitaires en ville pour améliorer la qualité de vie des citoyens. Comment ? En les transformant en bancs publics, en rampes d’accès pour les vélos, ou encore, en marquises pour protéger les piétons de la pluie.

En visionnant la vidéo ci-dessous, on constate en quelques secondes que les passants s’adaptent très rapidement à cette nouvelle campagne marketing.

Crédits: Pierre Longtin
Crédits: Pierre Longtin

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Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a inauguré la semaine dernière une œuvre d’art éphémère du réputé architecte-paysagiste Claude Cormier.

Intitulée TOM II: Champ de pavots, la proposition artistique extérieure a été installée dans le Jardin de sculptures, un espace urbain regroupant 23 créations d’artistes locaux et internationaux au cœur du campus muséal. Inspiré par le tableau de Claude Monet intitulé Coquelicots, Claude Cormier a transformé le site en un « champ de fleurs » où les piétons pourront déambuler à leur guise.

5 060 TOM (Temporary Overlay Markers), un outil utilisé en génie routier pour séparer des voies de circulation automobile, ont été utilisés pour la conception de l’œuvre.

À contempler jusqu’en octobre prochain.

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À lire également | Les enfants volent la vedette au MBAM

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Suite à la conférence de presse du ministre Denis Lebel annonçant la collaboration de Transports Canada avec la Ville de Montréal pour intégrer un design de qualité au futur pont Champlain, Mission Design et ses membres ont émis le communiqué ci-dessous. Pour eux, la tenue d’un concours international d’architecture et d’ingénierie, ainsi que la transparence de la démarche, sont des conditions de succès primordiales dans ce projet.

Rappelons que Mission Design rassemble l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), l’Association des designers industriels du Québec (ADIQ), l’Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec (APDIQ), l’Ordre des architectes du Québec (OAQ), l’Ordre des urbanistes du Québec (OUQ), la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, le Quartier international de Montréal (QIM) et Tourisme Montréal.

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Montréal, le 14 mai 2013 –  Alors que Transports Canada vient d’annoncer sa collaboration avec la Ville de Montréal pour définir le meilleur moyen d’intégrer le design au futur pont Champlain, Mission Design et ses membres – dont les principaux ordres et associations des professionnels du design, de l’architecture et de l’urbanisme  –  prennent acte de la position de l’honorable Denis Lebel et émettent leurs recommandations pour que le futur pont sur le St-Laurent soit un véritable ouvrage d’art, inspirant et marquant pour la région de Montréal.

Trois conditions de succès doivent être réunies:

– Un concept choisi dans le cadre d’un concours international d’architecture et d’ingénierie : un concours bien programmé permet la création d’infrastructures innovantes, répondant aux contraintes et aux besoins, notamment en termes de budget et d’échéancier. Le concours international avec jury est le seul moyen de garantir la créativité maximale et un urbanisme de qualité, dans un cadre définit et transparent.

– Un processus transparent et un suivi de la qualité : la dimension architecturale du projet du futur pont doit être suivie par un comité indépendant et représentatif de l’ensemble des acteurs concernés, qui pourrait notamment travailler sur la formule du concours international avec Transports Canada. L’ensemble du programme doit être rendu public afin d’assurer la transparence et l’adhésion de la population. Nous soutiendrons tout processus si nous bénéficions d’un droit de regard sur son contenu.

– Sortir la conception du PPP : si la formule de Partenariat Public-Privé (PPP) privilégiée par Transports Canada peut avoir une certaine valeur dans le cadre de grands projets publics, elle ne doit pas s’appliquer à la conception du pont, mais se limiter à la construction, à l’opération, à l’entretien et au réinvestissement, sur la base d’un concept (design / architecture), que le partenaire privé devra réaliser sous l’autorité du concepteur.

Un mémoire complet illustrant ces points sera déposé dans les prochains jours à Transports Canada au nom du Regroupement pour la qualité architecturale du futur pont Champlain. Le Regroupement suivra de près les évolutions du dossier pour s’assurer que l’ensemble de ces conditions sera réuni dans la démarche globale.


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Tel que mentionné ce matin dans ma chronique du Journal Métro, les Viennois possèdent un grand talent pour animer leur espace public.

L’exemple qui m’a certainement le plus impressionné se situe en plein cœur du Quartier des Musées où une vaste place publique a été ingénieusement ponctuée de sièges de plastique aux formes géométriques variées. Du jaunes canari au rouge pompier, ces bancs se transforment tout au long de la journée en petits théâtres citoyens que j’ai bien dû observer avec fascination pendant près d’une heure. Les enfants s’y amusent comme des petits fous, alors que de jeunes étudiants y prennent un bain de soleil entre amis. On profite simplement de la vie, quoi !

Un concept simple, mais efficace.

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S’il y a bien une institution montréalaise qui contribue concrètement à l’image de marque de notre métropole, c’est définitivement le Musée des Beaux Arts de Montréal (MBAM). La qualité de ses expositions et sa popularité grandissante depuis l’arrivée de la directrice Nathalie Bondil en sont des preuves directes. Mais la recette du succès de l’établissement ne réside pas que dans son contenu: elle s’explique également par son contenant.

L’annonce de la semaine dernière concernant la création de leur cinquième pavillon démontre d’ailleurs, une fois de plus, cette véritable intention de devenir un lieu culturel iconique de notre ville. Depuis plusieurs années, le MBAM ouvre non seulement une petite fenêtre sur notre identité culturelle via ses diverses expositions, mais va encore plus loin en faisant rayonner nos architectes québécois à travers les murs même de l’institution.

Prenons simplement l’exemple du pavillon Claire et Marc Bourgie ou encore des Studios Art & Éducation Michel de la Chenelière. Ce sont certainement deux des réalisations les plus marquantes à Montréal ces dernières années. L’architecture reste après tout une forme d’art urbain qui façonne le visage de notre ville, qui nous définit en tant que collectivité. Le MBAM l’a saisi. D’autres devraient peut-être s’en inspirer.

Pourquoi? Pour notre image à l’international. Pour notre économie locale. Pour notre industrie touristique. Pour notre fierté collective. Des projets bien réfléchis, audacieux  et dotés de budgets raisonnables peuvent aisément se rentabiliser à long terme en devenant de réels moteurs économiques pour la région.

Pensez-y quelques secondes. Quel est l’un des attraits touristiques incontournables de San Francisco? Le Golden Gate. De Sydney? L’Opera House. De Barcelone? La Sagrada Família. L’architecture novatrice se transforme non seulement en fierté nationale, mais également en véritable aimant à touristes en quête de nouveautés et d’émerveillement. Considérer la créativité comme un « power trip » d’architectes en manque de reconnaissance publique, ou encore comme une vulgaire fantaisie, serait une grave erreur. Il s’agit, au contraire, d’un cadeau collectif que s’offre une société.

Mes félicitations au MBAM et au consortium Manon Asselin Architecte et Jodoin Lamarre Pratte Architectes.

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