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L’éditorialiste du quotidien La Presse, François Cardinal, nous rappelait récemment dans son texte À l’eau qu’il est malheureusement toujours impossible de se baigner en eau libre au coeur de Montréal, et ce, malgré des milliards dépensés pour assainir le fleuve.

« À chaque élection, les candidats répètent à quel point il faut «redonner le fleuve» aux citoyens, mais une fois au pouvoir, ils se contentent de rappeler l’existence des plages du Cap-Saint-Jacques et du Bois de L’Île-Bizard. On est loin d’un accès central pour le plus grand nombre! »

Pourtant, tel qu’évoqué dans cet article, la problématique pourrait se régler rapidement (du moins partiellement) avec un concept comme les Copenhagen Harbour Baths. Une idée que je seconde également.

Connaissant un franc succès depuis 2002 dans la capitale danoise, ce concept de piscine publique à même le fleuve s’adapterait facilement à nos réalités montréalaises et offrirait un accès sécuritaire à l’eau dans le secteur du Vieux-Port. Une telle initiative serait relativement rapide à mettre en place et ne coûterait pas les yeux de la tête pour les contribuables.

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Voici donc quelques images des Copenhagen Harbour Baths:

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Restaurer un édifice patrimonial constitue généralement une aventure périlleuse. Non seulement les coûts de conversion sont généralement très élevés, mais les architectes doivent également réussir à mettre en valeur la structure imposée par leurs prédécesseurs. C’est le défi qu’a relevé avec brio l’Atelier In Situ en ressuscitant récemment le 407, rue Saint-Pierre, dans le Vieux-Montréal.

Ouvert au grand public depuis le 1er juin, le Centre PHI se présente comme un lieu de convergence artistique favorisant la création et la diffusion d’oeuvres multidisciplinaires. Vous retrouvez sous un même toit une salle de spectacle modulable, un lounge, des espaces d’exposition et de conférence, un studio d’enregistrement musical, une salle de cinéma démontable et même des installations de production et de postproduction cinématographique. Ajoutez à cela un enrobage technologique dernier cri encastré dans la structure – donc pratiquement invisible pour le visiteur – et vous obtenez un portrait largement simplifié du complexe. Pourquoi « largement simplifié »? Parce que restreindre la description de chaque pièce à une seule fonction serait une erreur, car le potentiel du Centre PHI repose spécialement sur son adaptabilité architecturale.

Prenons simplement l’exemple de la salle de spectacle du premier étage pouvant accueillir jusqu’à environ 100 visiteurs. Des musiciens peuvent s’y produire le temps d’une soirée, pour faire place le lendemain à des cinéphiles lors de la projection d’un documentaire sur grand écran. Des panneaux acoustiques ceinturant l’espace peuvent même pivoter sur eux-mêmes dépendant du type de réverbération désirée. De plus, l’immense fenestration en ogive peut laisser pénétrer, si convoité, une lumière naturelle enviable lors de la tenue d’activités en journée. En d’autres mots, l’espace peut se transformer sous nos yeux en à peine quelques minutes, comme c’est le cas pour la plupart des salles ouvertes au public. Sans oublier que ces dernières peuvent également dialoguer ensemble, se « contaminer », ou s’isoler les unes des autres dépendant des besoins du moment.

D’Ogilvy au Centre PHI

Ce qui m’a le plus charmé lors de ma visite du Centre PHI, c’est le souci du détail dans l’ensemble du projet, de la cage d’escalier aux cabinets de toilette. Rien n’a été laissé au hasard par les architectes en insufflant cette autre vie à l’édifice datant de 1860 et qui aura notamment servi au commerce de John Ogilvy (tissus, mercerie et autres produits) et de la Holland Glass Trading Company1. Le contraste architectural est d’ailleurs saisissant : alors que l’enveloppe extérieure nous plonge au beau milieu du 19e siècle, l’architecture intérieure nous expose, quant à elle, une sublime modernité architecturale malheureusement trop rarissime dans une grande métropole comme Montréal. Brique, béton, verre, bois et acier s’amalgament sur les 4 niveaux du complexe offrant une richesse texturale diversifiée, mais bien équilibrée.

Et comme si le défi de revitalisation n’était pas suffisamment ardu, l’ensemble des travaux a été réalisé conformément aux normes environnementales LEED. Autrement dit, le développement durable demeurait au cœur des préoccupations des concepteurs. C’est ce qui explique notamment la présence d’une toiture verte, de systèmes de récupération d’eau pluviale, la maximisation de la lumière naturelle et un contrôle thermique de pointe. Un modèle à suivre ? Chose certaine, peu d’édifices québécois présentent de telles caractéristiques environnementales.

Malgré une demande auprès des propriétaires, je n’ai pas réussi à obtenir le coût total de cette restauration architecturale. La qualité de la réalisation laisse par contre présager un généreux budget et contrairement à la plupart des projets d’envergure en province, l’argent ne semble pas avoir été une quelconque limite à l’épanouissement des concepteurs.

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1Références : http://bit.ly/S10eA8
Crédits photo: George Fok & Vincent Toi