Et si on troquait des panneaux publicitaires aux abords de l’autoroute métropolitaine à Montréal au profit de jardins aériens? L’idée vous semble saugrenue? Et bien c’est pourtant ce que tente de réaliser un groupe d’architectes et d’ingénieurs de la région de Los Angeles.

Leur concept, appelé le Urban Air project, consiste à transformer des supports publicitaires du LA’s 10 Freeway en jardins suspendus de bambou. Leur but? Promouvoir artistiquement un avenir plus vert pour Los Angeles, ville réputée pour sa culture automobile.

Sur papier, l’idée s’avère relativement simple; sur le terrain par contre, sa réalisation se complexifie nettement. Non seulement ce projet doit fournir un milieu fertile pour assurer la viabilité des pousses, mais les concepteurs doivent également réfléchir à l’irrigation de ces jardins aériens. C’est pourquoi des ingénieurs en structure, des urbanistes, des fabricants de supports publicitaires et des horticulteurs ont été récemment recrutés pour la fabrication d’un premier prototype.

Selon l’échéancier actuel, la première installation devrait voir le jour en 2013 et sera financée par le public via une levée de fonds virtuelle. Et si l’idée suscite suffisamment d’intérêt auprès de la population de Los Angeles, les créateurs souhaitent commercialiser à l’échelle internationale un modèle « clé en main » de leur prototype.

Bonne ou mauvaise idée? Le débat est ouvert.

VIDEO | Voici une vidéo qui résume le Urban Air project, cliquez ici

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Critiquer le Plateau Mont-Royal semble être une tendance bien populaire ces derniers mois. Que ce soit pour ses évaluations foncières trop élevées, la fluidité de la circulation automobile, l’augmentation des tarifs des parcomètres ou encore le déneigement intermittent, l’attention médiatique accordée au secteur a été plutôt étonnante, pour ne pas dire exagérée. Malheureusement pour le maire Luc Ferrandez, ses bons coups, dont celui d’étendre le concept des trottoirs végétalisés dans l’arrondissement, n’ont pas fait autant de bruit.

D’abord pour sécuriser les intersections des rues, ensuite pour verdir ses quartiers résidentiels, le Plateau Mont-Royal s’est doté d’une dizaine de trottoirs végétalisés au cours des deux dernières années. Concept bien populaire dans certaines villes américaines comme San Francisco ou Portland, ces charmants îlots de végétaux embellissent des secteurs où le bitume est traditionnellement maître. Sur le site web de l’arrondissement, on avance même que ces projets permettraient de réduire les îlots de chaleur, problématique de plus en plus fréquente sur l’ensemble de l’île de Montréal.

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Malgré le look simpliste de ces projets, chaque saillies de trottoirs végétalisées frôle étonnamment les 30 000$ en moyenne par intersection. C’est pourquoi l’arrondissement multipliera ce type d’intervention urbaine que très progressivement au cours des prochaines années étant donné son cadre financier austère. La priorité ira d’abord aux intersections des rues à proximité des écoles et des garderies pour ralentir la circulation automobile.

L’exemple de Portland

La ville de Portland aux États-Unis a fait les manchettes à plusieurs reprises ces dernières années grâce à diverses initiatives novatrices pour verdir son centre-ville. Non seulement les autorités municipales ont fait disparaître une autoroute pour faire place à grand parc urbain, mais la ville a également investit massivement dans la création de trottoirs végétalisés. Différentes variétés de plantes et d’arbres ont ainsi fait leur apparition sur de grandes artères commerciales, mais également dans plusieurs secteurs résidentiels.

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De plus, une expérience pilote a été menée au centre-ville de Portland pour tenter de remplacer partiellement le système d’aqueduc vieillissant. Des bacs à fleurs ont ainsi été convertis en un système de gestion des eaux pluviales en y insérant une série de jardinières qui récupèrent l’eau de pluie au moyen de rigoles. L’eau captée par ces dernières passe ensuite à travers une fine couche de terre et une membrane de géotextile avant de retourner dans la nappe phréatique. Selon les autorités municipales, ces bacs à fleurs canalisent annuellement la grande majorité du ruissellement engendré par les pluies et ont permis de régler le problème de canalisation sans devoir tout repenser le système.

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Une solution à envisager pour les égouts vétustes de Montréal?

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À VOIR ÉGALEMENT | Pour plus de détails concernant l’expérience de Portland, cliquez ici.

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Crédits photo: Marc-André B. Carignan (Plateau Mont-Royal) + Ville de Portland