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Avec une facture estimée à plus de 53 milliards de dollars, la pression est forte sur la petite ville de Sotchi pour couronner de succès ses Jeux olympiques.

Jusqu’à maintenant, l’image de l’événement international n’est pas très très glorieuse avec le village olympique qui est toujours en chantier, les dégâts d’eau dans les chambres d’hôtel des journalistes, les urinoirs aucunement connectés à la plomberie de certains édifices et les tringles à rideaux qui décrochent des murs. Bref, ça sent l’improvisation et la construction à la va-vite.

Mais au-delà de ces erreurs de parcours et de la corruption sur les chantiers, on doit tout de même reconnaître quelques bons coups du Comité olympique russe, notamment en ce qui concerne les principaux édifices qui abriteront les compétitions au cours des prochains jours.

L’une des plus impressionnantes réalisations est certainement la toiture du Palais de glace Bolshoï, exploité par la Fédération Internationale de Hockey sur Glace (IIHF).

Cet aréna de 12 000 sièges est couvert de plus de 38 000 lumières DEL scintillant sur Sotchi dès la tombée de la nuit. Tel un caméléon, la toiture peut changer de couleur à tout moment, et peut même afficher des images comme les drapeaux des diverses nations prenant part aux Jeux. Le spectacle visuel est à couper le souffle.

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Et parlant de spectacle visuel, je ne pourrais passer sous silence celui du centre de patinage artistique surnommé Le Iceberg.

Son surnom provient évidemment de la forme de l’édifice, inspirée par les énormes blocs de glace qui ceinturent plusieurs régions de la Russie. Son design, signé GUP MNIIP mosproject-4, frappe l’imaginaire au premier coup d’oeil et deviendra probablement l’un des plus grands symboles des Jeux de Sotchi.

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Ce qui impressionne d’autant plus avec cet autre aréna de 12 000 sièges, c’est qu’il peut être complètement démantelé et transporté ailleurs en Russie où les besoins se font ressentir.

Une initiative futée pour assurer une seconde vie à ces installations olympiques… et une mince consolation pour les contribuables russes qui les ont probablement payées en double, voire en triple, avec tous les pots-de-vin qui semblent avoir marqué les chantiers de Sotchi.

D’ailleurs, pour en apprendre davantage sur ce côté sombre du village olympique, je vous conseille fortement cette excellente entrevue de Robert Frosi avec le reporter français Hervé Ghesquière :  Les Jeux à Sotchi… à quel prix?

 

À lire également | UN « MONT RUSHMORE » 2.0 POUR SOTCHI

Difficile de ne pas se laisser inspirer cette semaine par le sujet de l’heure, les olympiades de Londres. Alors que les yeux de 204 nations sont tournés vers les compétitions sportives, les miens ne peuvent s’empêcher d’admirer la vasque olympique qui a pris vie vendredi dernier lors de la cérémonie d’ouverture. C’est plus fort que moi, parce que très sincèrement, je ne me rappelle pas d’avoir été tant épaté ces dernières années par un design aussi élégant et novateur pour ce symbole olympique par excellence.

Le génie qui se cache derrière cette plus récente mouture du flambeau géant est Thomas Heatherwick. S’étant démarqué au Royaume-Unis ces dernières années avec notamment le B of the Bang et le East Beach Café, le designer anglais de 42 ans a débuté la conception de la vasque londonienne deux ans plus tôt, soit en 2010, dans un endroit gardé secret. Seulement 5 personnes connaissaient réellement les détails du projet, car le comité organisateur de Londres tenait absolument à éviter les fuites pour créer une grande surprise au monde entier lors de la cérémonie d’ouverture. Le premier essai de la structure au stade n’a d’ailleurs eu lieu qu’une semaine avant les Jeux, durant la nuit, à l’abri des regards indiscrets.

Thomas Heatherwick

Dès les premiers balbutiements conceptuels, Thomas Heatherwick souhaitait se distancer de ses prédécesseurs: «  Nous étions conscients que les vasques s’élargissaient et grandissaient sans cesse à chaque olympiade, mais nous n’avons pas senti le besoin de surpasser ces derniers modèles ». Une décision judicieuse, à mon humble avis, pour éviter de tomber dans le piège de la démesure. Le défi ne résidait donc pas dans la taille du projet, mais plutôt dans sa forme et sa  symbolique. C’est pourquoi l’équipe Heatherwick s’était fixée comme objectif de représenter métaphoriquement la beauté de cette rare union planétaire où les nations se réunissent pour aborder autres choses que des dossiers politiques.

Mais ce qui différencie indéniablement la vasque londonienne des précédentes, c’est ce choix plutôt audacieux de ne pas simplement se contenter d’un « bol » suspendu en haut d’une tour. Le designer a plutôt opté pour un design interactif à travers lequel toutes les nations ont eu la chance de participer durant la cérémonie d’ouverture. En effet, lors de leur entrée dans le stade, chaque équipe sportive transportait une élégante pièce de cuivre, un « pétale de fleur », qui a été fixé à la structure principale de la vasque avant son ignition. Une fois tous installés, les pétales se sont enflammés et élevés verticalement, faisant apparaître sous nos yeux la fameuse flamme olympique qui brûlera durant les 2 semaines de l’événement.

Qu’adviendra-t-il de la structure à la fin des Olympiques? Et bien contrairement à plusieurs vasques du passé toujours campées devant leur stade respectif, cette « fleur métallique » sera quant à elle démontée laissant à chaque nation le plaisir de repartir avec son propre pétale cuivré en souvenir de Londres.

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