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Je vous avoue que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en me rendant, mardi dernier, au complexe Desjardins pour l’exposition Le Montréal du futur.

Chose certaine, j’étais fébrile.

Pour les amoureux d’architecture comme moi, cette biennale est devenue un rendez-vous quasi incontournable pour y découvrir les projets résidentiels, commerciaux et culturels qui façonneront [en principe] le visage de notre métropole dans un avenir plus ou moins lointain.

Mais qu’allait-on nous présenter cette année? Nous réservait-on quelques surprises?

Eh bien, oui. Ma première surprise a été de constater que, comparativement aux éditions précédentes, de nombreux projets exposés (en dessins ou en maquettes) ne sont pas que des rêves de promoteurs immobiliers ou de la Ville de Montréal. Des concepts qui pourraient peut-être, un jour, sortir de terre si les astres s’alignent.

Non, non. Plusieurs d’entre eux se trouvent déjà en chantier (ou sur le point de l’être) au centre-ville, dans le Sud-Ouest et un peu partout ailleurs sur l’île. C’est notamment le cas de la Tour des Canadiens, du 5e pavillon du Musée des beaux-arts et du complexe hôtelier Mount Stephen.

En voyant tous ces projets, on a enfin l’impression qu’un vent d’optimisme recommence à souffler sur Montréal après toutes ces années de cynisme politique et de déclin économique. L’administration Coderre a peut-être encore beaucoup de chemin à faire pour redonner à Montréal son statut de métropole incontournable, mais c’est tout de même une excellente nouvelle de constater que les grues se multiplient sur l’île.

Deuxième surprise à l’exposition, je suis tombé face à face avec le fameux îlot Voyageur de la rue Berri. On savait depuis l’an dernier que le gouvernement Marois prévoyait la construction d’un immeuble de 246 M$ pour ses fonctionnaires sur la partie sud du site, et que la partie nord avait été vendue au Groupe Aquilini pour y construire des logements. Mais on n’avait aucune idée de l’apparence que prendrait ce projet. Et bien voici la première esquisse:

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Honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai d’ailleurs partagé l’image cette semaine sur Twitter pour obtenir votre avis, et je vous dirais que les commentaires se ressemblent beaucoup. C’est moche, c’est massif, mais au moins, on relancera enfin cet éléphant blanc.

Effectivement.

Dernière surprise: des projets dont j’ignorais l’existence (ou que j’avais tout simplement oubliés). Voici donc mes trois coups de cœur:

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Îlot Balmoral (Provencher_Roy)

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Comparativement à la plupart des projets résidentiels de l’exposition, l’Îlot Balmoral est sans contredit celui qui se démarque le plus par sa créativité et son audace. La « cassure » verticale et l’utilisation d’un rouge vif lui donne beaucoup de caractère.

950 Beaumont (Groupe Montoni)

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Situé à proximité du boulevard de l’Acadie, ce concept de 30 M$ prévoit la conversion d’un bâtiment industriel des années 1970 en locaux professionnels. On y ajoutera également quatre étages, dont un réservé à une serre commerciale semblable à celle des Fermes Lufa. Ambitieux.

La nouvelle Maison Birks (Sid Lee Architecture)

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Également du groupe Montoni, les détails de ce projet se font assez discrets. Par contre, le rendu graphique s’avère très vendeur. L’ajout d’une telle boîte de verre sur un édifice à valeur patrimoniale comme celui-ci ne risque pas de passer inaperçu au centre-ville.

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Pour plus de détails sur l’exposition: Le Montréal du futur

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On apprenait récemment que le groupe UTILE (Unité de travail pour l’implantation de logements étudiants) souhaitait récupérer partiellement l’Îlot Voyageur pour la convertir en coopérative de résidences étudiantes.

Leur projet en est toujours à ses premiers balbutiements, mais voici tout de même un superbe concept immobilier londonien qui pourrait peut-être alimenter la réflexion entourant le développement de leur idée.

Baptisé le Scape, ce complexe peut accueillir annuellement plus de 600 étudiants dans un quartier situé à l’est de la ville. Le concepteur Ab Rogers s’est inspiré du design ergonomique de cabines de trains pour concevoir ses étroites unités de 12,5 m2.  L’espace habitable est donc réduit au maximum, sans pour autant étouffer ses occupants étant donné la présence de larges fenêtres dans chaque unité et un mobilier blanc se fondant dans la pièce.

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Chaque salle du bâtiment présente un esthétisme sobre, dynamisé par l’ajout de couleurs vives, notamment intégrées au mobilier.

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En plus des microappartements, le complexe comprend deux restaurants où les résidents peuvent étudier ou simplement socialiser, ainsi qu’une salle de divertissement.

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Le Scape a été officiellement inauguré en septembre dernier.

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Lancé en 2005 par l’UQAM, le vaste projet immobilier de l’Îlot Voyageur devait regrouper un pavillon de l’université, des résidences étudiantes, des bureaux, un stationnement souterrain et une nouvelle gare d’autobus. Sept ans plus tard, le projet n’a toujours pas vu le jour suite à divers problèmes de gestion qui ont plongé l’UQAM dans un gouffre financier de 300 millions de dollars.

Un groupe de sept étudiants, regroupés sous le nom UTILE (Unité de travail pour l’implantation de logements étudiants) souhaitent maintenant récupérer la structure de béton abandonnée de cet Îlot Voyageur pour la convertir en coopérative de résidences étudiantes.

AUDIO | Mon entrevue avec Laurent Levesque, chargé de projet pour UTILE et étudiant en urbanisme à l’UQAM, réalisée sur les ondes de CIBL :