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Les plus anciens résidants de Rosemont peinent à reconnaître leur rue Masson depuis quelques années: apparition de nouveaux bars et restaurants, nouvelle SAQ, réfection de plusieurs façades de bâtiments, nouveaux condos… L’artère commerciale est en pleine renaissance à l’ouest du boulevard Saint-Michel.

À son extrémité est par contre, c’est une toute autre histoire : terrains vacants, trottoirs usés, mobilier urbain désuet, manque de verdure. Disons simplement que le design urbain affiche diverses lacunes depuis un certain temps, mais ce dossier pourrait évoluer très prochainement.

Le Journal de Rosemont nous apprend cette semaine que le maire de l’arrondissement, François Croteau, envisage actuellement la solution suivante: assurer, voire exiger, la présence d’une trame commerciale continue entre les boulevards St-Michel et Pie-IX. Les promoteurs immobiliers souhaitant investir dans ce secteur devront ainsi prévoir des locaux commerciaux au premier étage de leur projet pour encourager le redéveloppement de cette portion de la rue Masson. Une idée saluée par la Société de développement commercial (SDC) Promenade Masson.

Pour plus de détails: Masson Est, le « Bronx » de Rosemont

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Et si on troquait des panneaux publicitaires aux abords de l’autoroute métropolitaine à Montréal au profit de jardins aériens? L’idée vous semble saugrenue? Et bien c’est pourtant ce que tente de réaliser un groupe d’architectes et d’ingénieurs de la région de Los Angeles.

Leur concept, appelé le Urban Air project, consiste à transformer des supports publicitaires du LA’s 10 Freeway en jardins suspendus de bambou. Leur but? Promouvoir artistiquement un avenir plus vert pour Los Angeles, ville réputée pour sa culture automobile.

Sur papier, l’idée s’avère relativement simple; sur le terrain par contre, sa réalisation se complexifie nettement. Non seulement ce projet doit fournir un milieu fertile pour assurer la viabilité des pousses, mais les concepteurs doivent également réfléchir à l’irrigation de ces jardins aériens. C’est pourquoi des ingénieurs en structure, des urbanistes, des fabricants de supports publicitaires et des horticulteurs ont été récemment recrutés pour la fabrication d’un premier prototype.

Selon l’échéancier actuel, la première installation devrait voir le jour en 2013 et sera financée par le public via une levée de fonds virtuelle. Et si l’idée suscite suffisamment d’intérêt auprès de la population de Los Angeles, les créateurs souhaitent commercialiser à l’échelle internationale un modèle « clé en main » de leur prototype.

Bonne ou mauvaise idée? Le débat est ouvert.

VIDEO | Voici une vidéo qui résume le Urban Air project, cliquez ici

Depuis plus de 40 ans, l’architecte et urbaniste Jan Gehl tente de faire valoir auprès des élus et des designers urbains de la planète les bienfaits de la conception de villes durables. Des villes à échelle humaine où la voiture n’est plus la seule et unique reine et où le citoyen peut se réapproprier l’espace public en tout temps pour ses activités quotidiennes.

Son livre Cities for people (lancé en version française cette semaine sous le nom Pour des villes à échelle humaine) démontre à quel point il devient urgent de repenser nos pratiques urbanistiques. Selon Jan Gehl, les élus, les architectes et les urbanistes doivent indéniablement se retourner vers des projets à plus petite échelle, avec des hauteurs raisonnables, des rues attrayantes et des places publiques davantage conviviales.

Pour des villes à échelle humaine est à mon avis l’un des ouvrages les plus pertinents et inspirants publiés ces dernières années dans le domaine. Un guide indispensable pour nos décideurs québécois.

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En parallèle à ce livre, j’ai récemment eu la chance d’interviewer Jean-Paul L’Allier, ex-maire de Québec et président de Mission Design, auteur de la préface de ce livre de Jan Gehl.

Je lui ai donc posé la question suivante : « Montréal et ses banlieues courent-elles actuellement à leur perte selon la vision de Jan Gehl »? Voici sa réponse:

https://marcandrecarignan.files.wordpress.com/2012/10/entrevue-jean-paul-lallier.mp3

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Le dilemme perdure depuis maintenant plus de 20 ans : doit-on démanteler ou revamper les marquises de la Plaza Saint-Hubert?

Le débat est une fois de plus relancé cette année par la Société de développement commercial (SDC) de l’artère qui souhaite obtenir l’avis de ses commerçants et de ses clients sur la question. Pour ce faire, une étude de 40 000$, financée par la Ville de Montréal et l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, sera entreprise prochainement par Convercité, une agence se spécialisant dans la valorisation urbaine.

Installées en 1984, les marquises de la Plaza St-Hubert ont contribué à bâtir la réputation de ce secteur commercial qui accueille aujourd’hui plus de 400 commerces, magasins et pourvoyeurs de services. Ces structures ont été conçues pour protéger les piétons des intempéries et se déploient sur 1,2 kilomètre. Mais après plus de 28 ans d’existence, ces marquises ont perdu leur lustre d’antan et diminuent significativement l’attrait du secteur. Sans oublier que les pigeons en ont également fait leur domicile ce qui engendre des problèmes de propreté et d’hygiène sur la rue.

Après avoir sondé quelques commerçants et clients de la Plaza, on constate rapidement que les opinions divergent sur l’intérêt de les conserver ou non. Certains affirment que ces structures sont plutôt kitsch et banalisent inutilement l’artère commerciale ; d’autres, au contraire, apprécient cette signature distincte et considèrent que ces marquises s’insèrent dans le patrimoine architectural du quartier. Pour ma part, je pense effectivement qu’elles possèdent une certaine valeur historique dans le paysage urbain, mais les revamper en les verdissant serait certainement gagnant. Pourquoi ne pas y ajouter un toit végétal?

Chose certaine, si la SDC décide finalement d’offrir un lifting à ses marquises, ne serait-ce pas le bon moment pour repenser totalement l’expérience offerte par la Plaza St-Hubert?

Le Fremont Street Experience

Contrairement à Montréal, Las Vegas n’aurait pu se contenter d’ériger qu’une simple marquise sur l’une de ses principales artères commerciales. Reconnue comme la ville du divertissement et des excès, les autorités municipales ont plutôt ajouté un côté ludique à leur projet en l’utilisant comme écran pour des spectacles multimédia. Composée de 12 millions de lampes LED et de 220 haut-parleurs, la structure s’étend sur près d’un demi-kilomètre et constitue une véritable attraction touristique depuis le début des années 90. Plus de 3 visiteurs sur 5 séjournant à Las Vegas font le détour pour l’admirer, ce qui génère des retombées économiques considérables pour les commerçants et les casinos du secteur.

La SDC de la Plaza St-Hubert n’a certainement pas dans ses coffres les 70M$ qui ont été investis dans ce projet américain, mais le concept de base reste tout de même fort inspirant. Imaginez célébrer le nouvel an sur la rue St-Hubert entouré de milliers de personnes sous une telle marquise interactive. Un succès assuré.

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Critiquer le Plateau Mont-Royal semble être une tendance bien populaire ces derniers mois. Que ce soit pour ses évaluations foncières trop élevées, la fluidité de la circulation automobile, l’augmentation des tarifs des parcomètres ou encore le déneigement intermittent, l’attention médiatique accordée au secteur a été plutôt étonnante, pour ne pas dire exagérée. Malheureusement pour le maire Luc Ferrandez, ses bons coups, dont celui d’étendre le concept des trottoirs végétalisés dans l’arrondissement, n’ont pas fait autant de bruit.

D’abord pour sécuriser les intersections des rues, ensuite pour verdir ses quartiers résidentiels, le Plateau Mont-Royal s’est doté d’une dizaine de trottoirs végétalisés au cours des deux dernières années. Concept bien populaire dans certaines villes américaines comme San Francisco ou Portland, ces charmants îlots de végétaux embellissent des secteurs où le bitume est traditionnellement maître. Sur le site web de l’arrondissement, on avance même que ces projets permettraient de réduire les îlots de chaleur, problématique de plus en plus fréquente sur l’ensemble de l’île de Montréal.

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Malgré le look simpliste de ces projets, chaque saillies de trottoirs végétalisées frôle étonnamment les 30 000$ en moyenne par intersection. C’est pourquoi l’arrondissement multipliera ce type d’intervention urbaine que très progressivement au cours des prochaines années étant donné son cadre financier austère. La priorité ira d’abord aux intersections des rues à proximité des écoles et des garderies pour ralentir la circulation automobile.

L’exemple de Portland

La ville de Portland aux États-Unis a fait les manchettes à plusieurs reprises ces dernières années grâce à diverses initiatives novatrices pour verdir son centre-ville. Non seulement les autorités municipales ont fait disparaître une autoroute pour faire place à grand parc urbain, mais la ville a également investit massivement dans la création de trottoirs végétalisés. Différentes variétés de plantes et d’arbres ont ainsi fait leur apparition sur de grandes artères commerciales, mais également dans plusieurs secteurs résidentiels.

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De plus, une expérience pilote a été menée au centre-ville de Portland pour tenter de remplacer partiellement le système d’aqueduc vieillissant. Des bacs à fleurs ont ainsi été convertis en un système de gestion des eaux pluviales en y insérant une série de jardinières qui récupèrent l’eau de pluie au moyen de rigoles. L’eau captée par ces dernières passe ensuite à travers une fine couche de terre et une membrane de géotextile avant de retourner dans la nappe phréatique. Selon les autorités municipales, ces bacs à fleurs canalisent annuellement la grande majorité du ruissellement engendré par les pluies et ont permis de régler le problème de canalisation sans devoir tout repenser le système.

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Une solution à envisager pour les égouts vétustes de Montréal?

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À VOIR ÉGALEMENT | Pour plus de détails concernant l’expérience de Portland, cliquez ici.

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Crédits photo: Marc-André B. Carignan (Plateau Mont-Royal) + Ville de Portland

C’est en début de semaine que les lauréats des Prix nationaux de design urbain 2012 ont été dévoilés. De la rive-sud de Montréal à Vancouver, de récentes réalisations ont été encensées par ces récompenses qui nous font réaliser qu’un design de qualité génère à tous coups une grande fierté collective envers nos métropoles. On en prendrait davantage!

Espérons que ces projets puissent rayonner à l’échelle nationale et inspirer d’autres grandes réalisations qui s’érigeront au pays dans les prochaines années.

Mes coups de cœur:

La Bibliothèque municipale de Vancouver-Nord (Diamond Schmitt Architects et CEI Architecture) pour la richesse texturale de son design intérieur et son intégration urbaine particulièrement réussie.

L’Aire de jeu « Garden City » (Space2place design et POD Design) dans la ville de Richmond pour son côté très ludique qui saura incontestablement séduire les enfants qui visiteront le secteur.

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VISUEL | Pour voir tous les lauréats de l’édition 2012, cliquez ici

 

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Une nouvelle plage urbaine d’une capacité de 1000 personnes sera officiellement inaugurée dans le Vieux-Port de Montréal en juin prochain. Son nom: la Plage de l’Horloge.

Inspirée du concept de Paris Plages en France, cette initiative de l’architecte paysagiste et designer urbain Claude Cormier s’intègre dans un vaste plan de redéveloppement de la Société du Vieux-Port de Montréal qui prévoit injecter 180 millions d’ici 5 ans dans ses infrastructures.

Sable soyeux, parasols bleus, chaises longues et verdure seront au rendez-vous. Par contre, la baignade sera interdite étant donné le fort courant dans le secteur.

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AUDIO | Pour réécouter mon entrevue avec Claude Cormier, cliquez ici

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Née récemment de l’initiative de jeunes professionnels, l’Association du design urbain du Québec (ADUQ) est un organisme sans but lucratif qui se consacre à promouvoir un design urbain novateur et de qualité pour nos villes.

L’ADUQ souhaite contribuer à l’avancement professionnel et économique des intervenants du design urbain au Québec, tout en travaillant à l’essor des connaissances et des enjeux québécois autour de cette forme d’art métropolitain.

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AUDIO | Cliquez ici pour réécouter mon entrevue avec Sophie Julien, présidente-fondatrice du l’ADUQ.

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